Quand la biodiversité envahit nos toits

Convoités ces dernières années pour la production d’énergie solaire, ils sont de plus en plus utilisés pour accueillir la biodiversité et produire une nouvelle richesse, la nature en ville, et avec elle le retour de la vie végétale et animale.

Alors que l’énergie solaire s’accaparait les toits et les transformait en espace providence pour des investissements financiers, un mouvement parallèle s’est imposé, créant pour eux une nouvelle ambition, celle de protecteur de la biodiversité et de notre santé.
Ils sont écologues, architectes, jardiniers, agriculteurs urbains ou scientifiques, leur lien : la passion du végétal. Leur force la logique. Nos villes ne respirent plus, il nous faut de l’oxygène et il nous faut restaurer les fonctions assurées par la nature avant que nos villes ne deviennent impropres à la vie.

Grâce à eux, nos toits, forts de leur nouvelle mission, sont aujourd’hui considérés comme une richesse pour la sauvegarde de la biodiversité. Ils sont devenus des lieux de vie, une extension du quotidien, où l’on cultive, se repose, joue, récolte…

Cette tendance s‘est affirmée au point que de grandes villes comme Paris*, Londres, Zurich (pour ne citer qu’elles) intègrent ou encouragent la végétalisation des toitures dans leurs projets d’urbanisme et d’architecture. L’idée est de compenser une surface perdue au sol et de restaurer les fonctionnalités écologiques dégradées par l’urbanisation. Le rôle des toitures végétalisées est de contribuer au rafraîchissement de l’air en été, de piéger les particules fines et de retenir l’écoulement d’eau lors de fortes pluies.

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Pour ces cités, les toits végétalisés sont une réalité désormais bien ancrée dans les projets d’urbanisme.

Pour les toitures végétalisées il y a eu un avant, nous sommes au début d’un après

Jusqu’à présent, en raison des problèmes liés aux assurances qui divisaient les professionnels, les toitures végétalisées étaient dans leur forme limitées au type dit extensif. Il s’agit de toitures uniformes avec un seul type de plante, les sedums. De fait cela a engendré des toitures au tapis uniforme, souvent rougeâtre, ce qui a fini par décourager bon nombre de ceux qui visaient la valeur esthétiques des toitures. Les végétaux des toits de type extensif, présentent l’avantage d’être résistants à la sécheresse, d’avoir un bon pouvoir couvrant, et de fixer le substrat. C’est ce qui a fait leur succès. Mais ce type de végétation participent peu au développement de la biodiversité et à ses bienfaits : les tapis de sedum sont généralement trop peu diversifiés et le substrat trop fin pour être qualifiés de favorables à la biodiversité.

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Ce modèle, qui partait d’une bonne intention des professionnels de l’étanchéité va se retrouver très vite dépassé par une conception qui tend vers un équilibre naturel, et le retour d’un écosystème.

Le toit BioSolaire* est d’abord conçu pour développer la biodiversité et accueillir la vie. Il rompt complètement avec la tradition de type monoculture des sedums.

On dit que la nature n’aime pas le propre-en-ordre, alors pour l’imiter et créer des zones favorables à la biodiversité, il y a quelques techniques à respecter. Il faut un substrat plus épais, diversifier les espèces végétales, créer des reliefs, et des petits abris pour accueillir des petites espèces de la faune sauvages.

Cette conception présente aussi l’avantage d’améliorer l’inertie thermique et hydrique de la toiture.
Pour créer un tel projet, il est intéressant de connaître les techniques utilisées par des professionnels avertis, c’est pourquoi Init Environnement invite une experte venue de Suisse (pays où les toitures végétalisées sont encouragées par des aides de l’état) pour nous former à leur conception et mise en œuvre*.

On privilégie la diversité des espèces de plantes et les essences d’origine locale (fleurs sauvages, semences mellifères), mieux adaptées au climat régional. Plus les essences sont variées, plus la toiture a de chances de survivre aux conditions extrêmes que ne supporte pas une monoculture.

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On va concevoir et soigner la mise en œuvre de façon à favoriser le plus de retour possible d’espèces locales utilises (invertébrés, abeilles, papillons et autres pollinisateurs).

Techniquement ce type de toitures requiert bien sûr un entretien, qui se mut rapidement en plaisir, où l’usage de produits phytosanitaires dangereux et bien sûr évité.

Les toits BioSolaires jouent de la synergie entre biodiversité et production d’énergie :

L'installation de panneaux crée des zones ombragées et des taux d’humidité différents favorables à la diversité végétale et aux habitats. Ils fournissent ainsi des conditions de vie meilleures pour plantes et d’excellentes zones-refuge pour la faune.

Il est prouvé que la végétalisation a également un effet positif sur la production de d'énergie solaire. L'évapotranspiration des plantes permet de mieux refroidir les panneaux photovoltaïques. Ce refroidissement est important car il augmente l'efficacité des panneaux durant la saison chaude, en printemps et en été.

Un autre avantage de cette combinaison solaire /végétation sur le toit, se trouve dans la fonction de lestage assurée par le substrat sur les panneaux.

Un avenir pour les badauds

Paris aujourd’hui cultive ses toits, et l’agriculture urbaine séduit et se développe dans le monde entier. Mode ou plaisir, Issue de secours pour certains, début de retour à la vie simple pour d’autre, c’est peut-être tout simplement la transition écologique.

*En savoir plus :

Le 4 mai (Loi et Cher) et le 18 mai (Pays Basque) journées ouverte aux prescripteurs du bâtiment, paysagistes, collectivités : présentation des nouvelles toitures végétalisées et des toits Biosolaires par Nathalie Baumann (écologue, chargée de l’organisation et l’exécution de toitures végétalisées et toits Biosolaires pour les villes de Lausanne et Bâle).

Les 5, 6 et 7 mai (Loi et Cher) et 19, 20 et 21 mai (Pays Basque) : formation à la conception de toitures biosolaires (conception, choix des plantes et substrats, techniques de mise en œuvre, entretien)

Programme : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

*LIENS :

Init Environnement (partenaire projet BioSolarRoof) : www.init-environnement.com/

BioSolarRoof : http://www.biosolarroof.com/

Natureparif http://www.natureparif.fr/

L’Observatoire Départemental de la Biodiversité Urbaine de la Seine-Saint-Denis (ODBU) http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/spip.php?article117=